Sur la scène, derrière un grillage, un homme agonise à côté d'un tirailleur sénégalais. C'est Jean Moulin. Il vient de se trancher la gorge après avoir refusé de signer un protocole exigé par les nazis accusant les Sénégalais de l'armée française d'avoir commis un carnage. Le monologue revient sur la situation à Chartres, en 1940, où Moulin est alors préfet : la débâcle, les bombardements, l'occupation allemande. On y voit son combat quotidien pour le ravitaillement, le maintien des conditions sanitaires, contre les défaitistes. Un document terrible et très concret sur cette époque qui révèle aussi la naissance d'un grand résistant, qui échappe cette fois à la mort. Valéry Forestier, un peu monocorde au début, prend peu à peu de l'épaisseur, son jeu se chargeant de toute la violence de la guerre. C'est une excellente idée d'avoir exhumé ce document inédit, écrit par Jean Moulin en 1941.
<b>Sylviane Bernard-Gresh</b>
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