1915, Guillaume Apollinaire prend le train en gare de Nice. Il rencontre une jeune femme, Madeleine Pagès. Les deux voyageurs se plaisent, parlent poésie, échangent leurs adresses, ce qui deviendra une grande histoire épistolaire, d’une liberté inouïe.
Si la correspondance de Guillaume Apollinaire à Lou est universellement connue, celle de Madeleine et ses récits plus secrets sont d’une sensibilité exceptionnelle, qui pulvérise la poésie courtoise de son érotisme aussi fou que pudique. Aux fantasmes flamboyants de Guillaume, Madeleine apporte une réponse féminine subtile et ardente, réponse à la quête de la « Rose », objectif premier du poète pour continuer à dire « Oui » à la vie, dans l’enfer des tranchés.
Pierre Jacquemont — qui lit et dit avec pudeur ces lettres si intimes — et Alexandrine Serre — qui ne craint aucune des audaces de Madeleine — dessinent une carte du Tendre avec émerveillement. Plus que jamais, ces lettres nous soufflent cela à l’oreille : la poésie doit être la force de vie qui permet de résister à l’horreur.