Le romantisme a volontiers puisé dans les registres de la féerie et du conte pour produire des musiques envoutantes et déployer, au théâtre, ses ensorcellements vocaux dans une constante invention scénique.
Profitant des nouveaux prodiges de l’électricité, l’opéra-féerie devient même un genre à part entière à la fin du XIXe siècle. Pour la troisième salle Favart, inaugurée en 1898 et qui disposait de l’équipement électrique le plus moderne d’Europe, Massenet écrivit Cendrillon, une version lyrique du conte de Perrault en forme de comédie pleine de gaieté. Métamorphoses, scènes de bal et personnages hauts en couleurs offraient un matériau idéal à ce maître du genre qu’était Massenet, qui produisait ainsi son septième ouvrage pour l’Opéra Comique.
Avec sa délicatesse habituelle dans la peinture des sentiments, Massenet a composé pour Cendrillon l’une de ses partitions les plus abouties, conjuguant à merveille l’inspiration mélodique avec un usage virtuose des styles et des couleurs d’époque.