Présentation

De Rainer Werner Fassbinder, on commence toujours par dire ceci : une quarantaine de films et de téléfilms tournés en moins de treize ans, une vie d’excès, d’abus et une mort en forme de crash à l’âge de 37 ans. Trop de talent tue parfois le talent : l’audace, la singularité et l’appétit frénétique du cinéaste continuent d’éclipser l’homme de théâtre et le dramaturge, auteur d’une vingtaine de textes, dont des adaptations de Goldoni, Goethe, Sophocle ou Jarry. C’est pour l’une de ses interprètes fétiches, Margit Cartensen, qu’il écrivit en 1971 Les Larmes amères de Petra von Kant. Dans cette descente aux enfers d’une élégante créatrice de mode, la crudité du ton coexiste avec l’observation subtile et caustique des tourments de la passion, des ambiguïtés du succès, de la servitude choisie ou subie. Après avoir quitté son mari, Petra vit entourée d’une communauté de femmes qu’elle domine : sa meilleure amie, sa factotum souffre-douleur, sa mère, sa fille... Jusqu’au jour où elle se pique d’une jeune beauté nommée Karine comme on se pique d’une drogue dure. Pourtant, comme le souligne le metteur en scène Philippe Calvario, il ne s’agit pas d’une pièce sur l’homosexualité féminine. Vulgaire, cruelle tant par bêtise que par inadvertance, la Karine de Petra est un peu l’Odette de Swann, un objet secondaire aux passions qu’il inspire.“La manière dont Fassbinder raconte l’enfermement, la folie à laquelle conduit une dévastation amoureuse peut parler à tout un chacun”, note Philippe Calvario, qui a voulu inscrire cette femme au bord (et au-delà !) de la crise de nerfs dans une mise en scène passant du réalisme à l’abstraction "jusqu’au black-out, jusqu’au choc final".

Distribution LES LARMES AMERES DE PETRA VON KANT

Avis spectateurs

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Avis presse

Maruschka Detmers est époustouflante, brûlante de désir d'aimer.

PARISCOPE

On a rarement ainsi ressenti la brutalité de Fassbinder [...] La distribution est parfaite. Maruschka Detmers dans le rôle-titre sublime la pièce. Elle y est aussi envoûtante que bouleversante

LE MONDE

Il ne faut pas penser au film de Fassbinder a tourné en 1971 avant d'aller voir <i>Les Larmes amères de Petra von Kant</i> revisité par Philippe Calvario. Le metteur en scène a gommé les aspérités du texte, amoindri les non-dits et forcé le trait à l'envi pour offrir le beau rôle à Maruschka Detmers. La comédienne, qui joue ici sa quatrième pièce, est impressionnante dans la robe moulante d'une grande styliste malade d'amour, obsédée par une jeune femme qu'elle transforme en égérie. Perruque blonde, cils allongés, lèvres peintes, fine et souple, sincère, elle se donne tout entière à Petra. Fume, boit, aime souffre et râle comme elle. Domine le plateau. A elle seule, l'actrice vaut le déplacement. Elle est bien entourée : la pétillante Julie Harnois est l'objet de son désir et l'excellente et inénarrable Carole Massana est sa tête de Turc. Faisons fi encore du décor kitsch : rideaux de perles, lit rose, table basse transparente et mannequins démembrés épars sur le plateau. Les chansons, comme <i>Never met a girl like you before</i>, d'Iggy Pop, enrobent le tout. <b>Nathalie Simon</b>

FIGAROSCOPE

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