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7 avis spectateurs
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C’est une femme qui parle ! C’est Etcha Dvornik de chair débordant d’une robe noire seyante, qui danse avec ses mots sans fard sur une scène nue… elle dit les années de son grand désir pour un homme dont on ne sait presque rien… un homme qui n’a pas de nom, un homme qui veut la posséder sans la vouloir. Cet homme grimace devant la poupée fardée, prend son corps et la repose dans le néant d’où elle vient. Elle bute et s’enroule contre le mur de la scène comme autour du corps de l’homme qu’elle ne parvient pas à étreindre, ballotée dans le silence des mots qu’il ne lui a pas dit, de l’amour dont elle ne connaît que la faim… c’est l’histoire de la folie d’une femme sous emprise, qui s’interroge sur le manque à être à soi et possédée par sa dépossession : l’illusion fatale de l’homme. Alors qui est cet homme fatal qui ne veut pas de la jouissance de cette femme ? Ne serait-il pas l’homme qui, dans toute l’histoire des femmes depuis la nuit des temps, ne peut se définir que par sa domination sur elle… Fin de partie ! Claire Tencin, autrice
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Vu hier, au Théâtre de la Comédie Saint-Michel (95, boulevard Saint-Michel), "L'Homme fatal", beau spectacle d'Etcha Dvornik qui en a, à la fois, assuré l'écriture, la mise en scène et l'interprétation. Le thème aborde la question de l'emprise. Sujet délicat qui aurait pu ouvrir sur la victimisation, le lénifiant, le réquisitoire manichéen, bref, sur les nouveaux dieux de la "me-too-logie" à la mode. Etcha Dvornik a magistralement évité ces écueils. D'abord par la qualité de son texte, dense, puissant jusqu'au dérangeant, mais jamais larmoyant ni obscène. Écrit au scalpel, il dresse l'autopsie d'une relation toxique. Ensuite, par le jeu de l'actrice seule en scène (l'homme n'intervient qu'en voix off). Etcha passe de la naïveté au tragique, grâce à son impressionnante présence sur le plateau, jusque dans la chorégraphie. Commencé le 6 mars dernier, "L'Homme fatal" se prolongera jusqu'au 31 décembre (chaque vendredi jusqu'au 23 octobre à 19h30, le jeudi ensuite, à 21h. A voir, vraiment. Thierry Salvatier
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« Comme une algue accrochée à un rocher et ballottée par toutes les vagues. » C’est l’un des nombreux temps forts de ce spectacle : Etcha Dvornik, après être allée d’un mur à l’autre, s’y être réfugiée et en avoir été comme repoussée, roule maintenant de droite et de gauche contre l’un d’eux, debout, jouet d’une force qui la malmène. Cette force, c’est l’emprise d’un amant avec qui les débuts ont été presque idylliques (presque…) mais qui se révèle vite manipulateur, froidement égoïste, cruellement habile à chosifier sa maîtresse qui, elle, croit mourir quand il s’absente. « L’homme fatal », oui. Un thème banal aujourd’hui mais qui ne l’était pas en 2004, quand la pièce a été créée dans le Off d’Avignon. Ce qui n’est nullement banal, vingt-deux ans après, c’est l’écriture d’Etcha Dvornik pour raconter crûment cette passion-prison jusqu’au moment même où l’écrire devient possible (ce qui ne veut pas tout à fait dire qu’on en est maintenant indemne). C’est aussi son art de la mise en scène, avec de rares mais percutants effets d’accessoires, d’éclairage, de voix off. Suggérer la nudité en se revêtant d’un épais manteau ! Et puis, bien sûr, elle est pleinement comédienne ET danseuse, inscrivant avec force dans l’espace du plateau la trajectoire de son personnage et laissant dans l’esprit du spectateur des arrêts sur image dignes des héroïnes baroques du Caravage ou d’Artemisia Gentileschi.
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Titre : le tragique retrouvé. Elle est une proie qui se meut dans le carré magique du sacré. La danseuse parle, la comédienne danse, le corps incarne celui d'une femme qui ne s'appartient plus. Le mouvement d'une chair qui n 'a plus comme répit que le moment où elle se retourne sur les cendres incandescentes de sa passion. La parole roule sous le supplice des souffrances infligées par marionnettiste diabolique, qui sait tout des abîmes de l'amour, celui qui n'appartient qu'à la femme. Elle ne l'a pas vu venir, et le piège s'est refermé. Et c'est dans sa danse qu'elle se libère sous nos yeux fascinés, c'est dans ce jeu de la parole que la suppliciée par possession s'échappe de sa danse de mort. et rejoint ses grandes ancêtres de l'Epidore. Ce spectacle sans second, écrit par l'artiste, nous emporte par son souffle tragique et sa force expressive en beauté dans ce que la danse et la parole enchâssées ont de plus émotionnellement puissants.
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le tragique retrouvé. Elle est une proie qui se meut dans le carré magique du sacré. La danseuse parle, la comédienne danse, le corps incarne celui d'une femme qui ne s'appartient plus. Le mouvement d'une chair qui n 'a plus comme répit que le moment où elle se retourne sur les cendres incandescentes de sa passion. La parole roule sous le supplice des souffrances infligées par marionnettiste diabolique, qui sait tout des abîmes de l'amour, celui qui n'appartient qu'à la femme. Elle ne l'a pas vu venir, et le piège s'est refermé. Et c'est dans sa danse qu'elle se libère sous nos yeux fascinés, c'est dans ce jeu de la parole que la suppliciée par possession s'échappe de sa danse de mort. et rejoint ses grandes ancêtres de l'Epidore. Ce spectacle sans second, écrit par l'artiste, nous emporte par son souffle tragique et sa force expressive en beauté dans ce que la danse et la parole enchâssées ont de plus émotionnellement puissants.
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Etcha Dvornik poursuit, de spectacle en spectacle, une œuvre singulière et audacieuse dans laquelle elle s’expose avec une pudique impudeur. Dans L’Homme fatal, si les mots racontent une relation toxique, le corps garde la mémoire de cette passion vieille de vingt-cinq ans. Par éclairs, des mouvements chorégraphiés nous rappellent qu’Etcha Dvornik est danseuse. Mais même quand elle ne danse pas, Etcha danse son texte. C’est de bout en bout un spectacle d’une sensualité entêtante, enveloppante, comme si elle nous emmenait avec elle dans sa tête, dans son corps. Car l’écriture, si elle permet le dépassement du trauma, est aussi, inséparablement, remémoration, au présent, du désir. La scène devient alors le lieu où celui-ci s’accomplit. Joseph Danan Ecrivan Professeur émérité Les études théâtrales
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Théâtre la Comédie Saint Germain : l'Homme Fatal. Une pièce dérangeante et intense, où l’on ressent physiquement l’emprise et la manipulation... Chorégraphie parfois obscure, mais une comédienne totalement habitée qui fait vivre l'histoire avec intensité.
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