Arnaud Denis, un des jeunes artistes les plus prometteurs de sa génération, se lance seul en scène, dans un voyage à travers la folie. Il s’est inspiré de la phrase du poète scientifique américain Oliver Wendell Holmes : "La folie est souvent la logique d’un esprit juste que l’on opprime". Arnaud Denis a puisé le contenu de son spectacle chez des grands "malades", des anxieux devant la complexité de la vie, mais surtout des créateurs, comme Maupassant, Flaubert, Lautréamont, Michaux, Karl Valentin, mais également Shakespeare, Francis Blanche. Il nous promène à travers la complexité du cerveau humain qui peut mener à la paranoïa, la schizophrénie, le délire de persécution, la perte de la réalité… Il y a des cris de rage et de douleur souvent sublimes, mais aussi des envolées lyriques génialement absurdes. Le texte de "l’aquarium" de Valentin est à hurler de rire. La scénographie extrêmement soignée d’Arnaud Denis nous plonge au cœur même de la maladie. Pour seul décor, deux chaises qui à chaque noir réapparaissent en réduction, des chaînes et surtout les lumières de Laurent Béal. Semblant surgir du film "Vol au-dessus d’un nid de coucou", le comédien apparaît vêtu de blanc, efflanqué et le crâne rasé… Jamais il ne force le trait, jouant de la diversité qu’offre la palette des sentiments d’un être tourmenté. Et si, telle la chanson de Francis Blanche, cela ne tourne pas rond dans la p’tite tête de ces artistes, c’est que comme le disait Balzac : "le fou et l’écrivain sont des hommes qui voient un abîme et y tombent". Un spectacle de toute beauté que l’on aime à la folie !
<b>Marie-Céline Nivière</b>
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