Blaise est un paysan au langage fleuri et à la bourse plate. Jusqu’au jour où il reçoit de son défunt frère un héritage inattendu. Le voilà riche de cent mille francs qu’il place, sur les conseils d’un banquier. Tout imbu de sa nouvelle position, il adopte de grands airs, singe les manières du beau monde et scelle les épousailles de ses enfants avec deux nobliaux sans le sou, fous amoureux du magot. La noce bat son plein quand la nouvelle tombe : le banquier s’est enfui avec la caisse. La sanction n’attend pas : tout ce joli monde décampe illico et lui tourne le dos presto. Metteure en scène d’opéra et de théâtre, Sandrine Anglade porte sur cette pièce de 1725, écrite au lendemain de la fameuse banqueroute de Law, le regard d’une femme d’aujourd’hui. Elle en modernise les détails mais l’essentiel n’a pas à l’être. Le nouveau riche de Marivaux est ridicule, mais plus pathétique que grotesque parce qu’il n’est qu’une victime. Victime d’une société corrompue par l’argent, dupe d’une fausse connivence nouée par intérêt et dindon d’une farce qui, en 2017, fait toujours recette.
Avec Madame Damis Julie Bertin — Arlequin Johann Cuny — Blaise Vincent Debost — Le Chevalier Tonin Palazzotto — Colin Yan Tassin — Claudine, Colette Julie Teuf et les musiciens Romain Guerret et Arnaud Pilard.