Avec Onéguine, John Cranko conçoit un ballet essentiel du répertoire. S’inspirant du roman en vers d’Alexandre Pouchkine, il en épure l’intrigue et centre le récit sur les sentiments et les relations de ses quatre principaux personnages. Amours inachevés, duel et regrets rythment l’histoire tragique d’Onéguine – dandy désabusé, responsable de son propre malheur –, de la romantique Tatiana, du poète Lenski et de sa fiancée Olga. Si John Cranko suit fidèlement le découpage de l’opéra éponyme de Tchaikovski, il illustre ce drame dansé par différents extraits du même compositeur. Créé en 1965 pour le Ballet de Stuttgart, l’œuvre entre au répertoire du Ballet de l’Opéra en 2009. Les décors et costumes raffinés de Jürgen Rose restituent les fastes de l’aristocratie russe du XIXe siècle et magnifient un ballet à l’écriture incisive, traversé d’une douce mélancolie et profondément théâtral.