Donner une idée de ce qu'a pu être le procès de Nuremberg et nous tenir en haleine avec, en suspense, la mort de Hermann Goering, était une entreprise théâtrale hautement difficile. Arnaud Denis y parvient merveilleusement. Son spectacle est une vraie réussite. D'abord parce qu'il est probe. Le théâtre permet, en effet, d'avoir une véritable empathie avec Goering. Le personnage n'est aucunement caricaturé mais est juste confronté à ses abominables contradictions. L'horreur est têtue, comme aurait pu dire Staline. Et le témoignage bouleversant de Marie-Claude Vaillant-Couturier (Raphaëlle Cambray est, dans le rôle, d'une très grande justesse) suffit à relativiser toute empathie. Ensuite parce qu'il dispose avec Götz Burger d'un comédien tout à fait exceptionnel. Il est d'une puissance et d'une vérité vraiment rares. On y croit. Il "est" Goering. Il y a encore quelques années, en jouant un tel rôle, il aurait risqué sa vie... C'est tout dire.
<b>Jean-Luc Jeener</b>
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