16 avril 1827, au Roten Igel (Le Hérisson rouge), à Vienne. Dans cette salle, Schubert entend, pour la seule et unique fois de sa vie, son Octuor. C’est l’un des rares succès du compositeur. Un succès sans lendemain. L’œuvre, pourtant, est génialement inspirée et, à la première écoute, aussi exubérante et truculente que le quintette « La Truite ». Comme souvent chez Schubert, elle dissimule, dans un discours musical divertissant, une architecture à la fois complexe et une poésie du désespoir.
À quelques mois de sa disparition, le compositeur s’enivre de sonorités brillantes, de la virtuosité des solistes de son orchestre symphonique miniature. Il s’offre, pour bien peu de temps encore, l’illusion de l’insouciance.