Un conte philosophique absurde et drolatique. Vanier se reconnaît bien dans le pingouin. Tout ici est polémique, mélancolique et irrésistible.
Ses histoires d’amour virent à la catastrophe, ses séances chez le psy sont des échecs minables… depuis il théorise sans fin sur l’absurdité du monde, compte les marches qui le séparent de son voisin du dessus, a de la compassion pour les hamsters, se fait déniaiser à la bretonne, écrit au Président de la République, cherche ses chaussettes.
C’est un voyage intérieur où se mêlent des cormorans mazoutés, des papillons butés, le Général de Gaulle et des copains d’enfance. Il y a du Bourvil du Fernand Raynaud peut-être chez cet artiste breton.
Il y a du Devos, du Fernand Raynaud ou du François Morel chez cet artiste breton. La condition humaine n’est pas de tout repos. Difficile de ne pas être ému à la fin de ce one-man-show formidable.
L’Envol du pingouin, est parfaitement maîtrisé. Il affiche quelques morceaux de bravoure inattendus. Il rêvera toujours des étoiles sans oublier la dureté du réel.
D'une originalité débridée, ce spectacle est un bijou d’intelligence et de tendresse. Il ne faut rien perdre de l’épopée délirante de ce "pôv’mec" pas très gâté.
Jean-Jacques Vanier gagne notre empathie sans en rajouter. Son autodérision à la Keaton fait du bien à notre santé mentale d’inadaptés chroniques et c’est à juste titre qu’il s’écrie in fine : "Moi je suis pas adapté, mais je suis vivant !"