Aucun autre répertoire n’appelle l’expression d’un cercle aussi restreint d’interprètes élus que la musique russe. Un Japonais peut comprendre Debussy, un Français exceller dans Beethoven et un Anglais jouer Bartók à la perfection. Mais pour Tchaïkovski ou Rachmaninov, rien ne vaut d’avoir vu le jour sur les bords de la Volga ou de la Neva... C’est bien le cas de Brigitte Engerer, française de passeport mais plus que quiconque, russe d’âme, née à elle-même lors de ses longues années d’études moscovites auprès du sorcier Stanislav Neuhaus. La grande pianiste rêve, pense et joue en russe... Le sang de cette musique coule aussi dans les veines d’Alexander Anissimov, familier du Bolchoï et du Mariinsky, spécialiste de Rachmaninov... En leur compagnie, la fantasque Fantaisie de Tchaïkovski et la plus célèbre des symphonies de Rachmaninov nous procurent la plus émouvante leçon de musique russe, véritable art de vivre le désespoir en chantant, et le bonheur en pleurant.