L’un sait absolument tout faire : musicien, très bon réalisateur à ses heures et grand comédien naïf, gardant un masque triste à la Buster Keaton qui vient toujours donner une part de mélancolie secrète à son personnage de trublion. L’autre est un orfèvre des mots et du timing maternant le premier à l’occasion, avec un sens de la réplique et de la psychologie qui confine à du grand art. Les deux sont parfaitement synchronisés dans un générique désormais célèbre en ouverture de leur spectacle, chorégraphiant le pot pourri d’Émile et images (sic !), pour une entrée tonitruante. Burlesques, amateurs de digressions et d’absurde, ils sont parmi les rares à développer une véritable folie sur scène, ouvrant la porte à tous les possibles.
Le duo comique le plus excitant qu’on ait découvert sur les planches d’un café-théâtre depuis un bon petit moment, comme une résurrection dynamitée de la grande époque des Frères ennemis. Attention, esprits cartésiens s’abstenir. Les autres vont rire à gorge déployée.
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