Qu'il est beau et émouvant le texte de Clément Koch, entre rires et larmes, comme la vie. Pour sa deuxième pièce l'auteur fait preuve d'un style remarquable. Dès les premières répliques, il nous prend par la main pour ne nous la lâcher qu'à la dernière phrase. Et tout le long du spectacle, on passe par une vaste gamme d'émotions, prenant un immense plaisir. L'histoire se déroule à Sunderland, petite ville du nord de l'Angleterre, là où le mauvais temps s'accroche, rendant encore plus pénible le quotidien. Sally va tout faire pour garder près d'elle sa petite sœur autiste. Elle n'a plus de travail et les autorités jugent que l'adolescente serait mieux à l'hôpital. Sa seule solution, pour trouver de l'argent et acheter la librairie du village, est de louer son ventre à un couple stérile. On pourrait être dans le misérabilisme, or ce n'est pas le cas. Il y a comme un goût d'humour anglais chez cet auteur français... Il faut dire que les protagonistes, nourris d'une belle humanité, sont terriblement attachants. Clément Koch raconte avant tout une histoire de femmes, sortes de petites cousines des "Trois sœurs" de Tchekhov, accrochées à un rêve. Rarement un homme a su si bien écrire pour des actrices. Elodie Navarre s'est glissée avec beaucoup de talent dans la peau de cette jeune fille fière et entêtée. D'une belle émotion, tout en sincérité, son interprétation est remarquable. Dans le rôle de la gamine autiste, Léopoldine Serre nous bouleverse tant son jeu est intelligent. Quant à Constance Dollé, par sa fine nature comique, elle rafle la mise. Une révélation ! Le reste de la distribution, composée de Vincent Deniard, Thierry Desroses, Vincent Németh, Pascale Mariani, Bénédicte Dessombz, est tout aussi juste. Stéphane Hillel signe une mise en scène irréprochable. A ne pas manquer !
<b>Marie-Céline Nivière</b>
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