Les Epis Noirs déracinent Racine et son "Andromaque"... Et c'est bien fait. Si des puristes ont des craintes, qu'ils passent leur chemin... Mais sachez que Racine résiste à la tempête créatrice et tient bon face à l'ouragan burlesque. De ce classique, Pierre Lericq, en fin connaisseur, a conservé la trame et certains alexandrins. C'est devenu une fantaisie étonnante, où tragédie, comédie, chant et danse se mêlent. Le spectacle est dans l'esprit des autres créations des Epis Noirs, un peu rock, avec des textes déjantés et une mise en scène à la lisière du cirque forain. La distribution est parfaite, s'accordant à cet univers particulier. Pierre Lericq s'est bien sûr octroyé deux rôles, la Mort et Pyrrhus. Il est un excellent meneur de jeu. Anaïs Ancel incarne une sublime Hermione, Muriel Gaudin, une douce Andromaque, et Fabrice Lebert, un Oreste délirant. Et tels des serpents, on siffle sur leurs têtes notre plaisir !
<b>Marie-Céline Nivière</b>
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